samedi 9 juillet 2016

Objectifs du développement durable - jour 1

L'école d'été organisée par l'IRD et Aix-Marseille Université et consacrée aux objectifs de développement durable (ODD) a commencé hier. Grosse journée, et déjà plusieurs interventions très intéressantes.

Ce que j'écrivais dans mon précédent post à propos de l'universalité de ces objectifs a été clairement affirmé par plusieurs intervenants. Les objectifs du développement durable concernent, et engagent, tous les pays. Ils ne visent pas seulement, comme les "Objectifs du millénaire", qui les ont précédés au programme de l'ONU, l'élimination de la pauvreté et la satisfaction de besoins primaires des populations. Les pays les plus riches doivent non seulement soutenir les plus pauvres, pour permettre des conditions de vie meilleurs aux populations, mais aussi changer leur propre mode de développement pour qu'il devienne durable. Ils reconnaissent en quelque sorte, et c'est nouveau, qu'il n'ont pas un modèle de développement "le meilleur possible" que les autres devraient imiter.

Ce point devient particulièrement évident quand on aborde la question du financement de ces ODD. Philippe Orliange, directeur de la stratégie de l'Agence française de développement l'a expliqué très clairement : le montant de l'aide publique au développement dans le monde est notoirement insuffisant pour financer les 168 cibles des 17 objectifs de développement durable. Et même en mobilisant les fonds privés, on reste loin du compte. La seule façon de faire, c'est de réorienter l'ensemble des investissements pour qu'ils soutiennent des projets qui vont dans le sens des ODD.

La question reste celle des moyens à mettre en oeuvre pour opérer cette réorientation. Il ne faut pas se faire d'illusions : les détenteurs de capitaux ont la fâcheuse habitude de chercher le profit à court terme. Et il n'est pas certain que le plus profitable soit toujours en faveur des ODD : à 5 ou 10 ans, la construction d'une centrale électrique à charbon générera-t-elle plus ou moins de profit qu'un champ de photopiles de puissance équivalente?

La pression des opinions publiques suffirait-elle à faire changer les choses? Ou faudra-t-il adopter des réglementations contraignantes? On entre là dans un domaine de science politique qui m'éloigne trop de mes bases pour que je m'y avance plus.

Mais une chose est certaine : le développement durable dans les pays du sud ne se fera pas si on continue de s'appuyer sur des avancées scientifiques et technologiques élaborées dans les pays du nord. Un participant camerounais a donné un exemple très parlant à propos d'un dispositif énergétique : acheté en Europe, il coûtait environ 10 000 € ; fabriqué en partie au Cameroun, avec un recours à des éléments importés mais vendus sous licence libre, 500 €. Demain, les systèmes énergétiques qui alimenteront le Cameroun (mais aussi le Zimbabwe ou la Mauritanie) doivent être inventés, développés et construits sur le continent africain, sinon dans chaque pays lui-même.

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