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dimanche 10 juillet 2016

Objectifs du développement durable - jour 2

Deuxième journée intense à la Villa Méditerranée de Marseille pour l'école d'été sur les objectifs de développement durable (ODD). L'après-midi surtout a été très instructive et stimulante. En particulier, elle s'est achevée par une intervention de Yannick Glemarec, de ONU Femmes, entité de l'ONU dont le nom évite d'expliquer le champ d'action, et dont j'avoue que j'ignorais l'existence (à ma décharge, elle n'a été créée qu'en 2010).

Pour résumer le propos de Yannick Glemarec, les discriminations dont sont victimes les femmes font obstacle à la réalisation des ODD. Mieux, si, partout dans le monde, les femmes obtenaient les mêmes accès au droit, à la terre, aux financement, etc. que les hommes, la productivité agricole augmenterait, il y aurait plus d'entreprises, le bien être général s'accroitrait. Un seul chiffre : le PIB mondial augmenterait de 15%.

Je résume, et comme d'habitude dans ce genre de présentation, l'orateur n'avait pas pour but de refaire toute la démonstration. Il faut pour l'instant le croire sur parole. Et probablement, comme souvent en économie, la démonstration doit avoir des aspects contestables. 

Toutefois, et même si on pourrait préférer que l'égalité entre les hommes et les femmes advienne pour des motivations morales, ce type d'argumentaire économique n'est pas à dédaigner. Comme l'a souligné l'un des participants de l'école d'été, originaire d'un pays d'Afrique sub-saharienne, cela donne un outil pour convaincre des dirigeants de changer les choses. Aujourd'hui, seulement 17% des pays se préoccupent de la question de genre dans leurs plans de développement.

Le plus important dans ces questions, c'est sans doute de renverser la perspective. De ne plus considérer les femmes comme des victimes, qu'il faudrait sauver de l'oppression masculine. Mais de les considérer comme des personnes essentielles, des agents du changement. Deux jeunes femmes mauritaniennes, qui sont intervenues à plusieurs reprises depuis vendredi, en sont une parfaite illustration (et elles ne sont pas les seules femmes remarquables dans cette école d'été).

samedi 9 juillet 2016

Objectifs du développement durable - jour 1

L'école d'été organisée par l'IRD et Aix-Marseille Université et consacrée aux objectifs de développement durable (ODD) a commencé hier. Grosse journée, et déjà plusieurs interventions très intéressantes.

Ce que j'écrivais dans mon précédent post à propos de l'universalité de ces objectifs a été clairement affirmé par plusieurs intervenants. Les objectifs du développement durable concernent, et engagent, tous les pays. Ils ne visent pas seulement, comme les "Objectifs du millénaire", qui les ont précédés au programme de l'ONU, l'élimination de la pauvreté et la satisfaction de besoins primaires des populations. Les pays les plus riches doivent non seulement soutenir les plus pauvres, pour permettre des conditions de vie meilleurs aux populations, mais aussi changer leur propre mode de développement pour qu'il devienne durable. Ils reconnaissent en quelque sorte, et c'est nouveau, qu'il n'ont pas un modèle de développement "le meilleur possible" que les autres devraient imiter.

Ce point devient particulièrement évident quand on aborde la question du financement de ces ODD. Philippe Orliange, directeur de la stratégie de l'Agence française de développement l'a expliqué très clairement : le montant de l'aide publique au développement dans le monde est notoirement insuffisant pour financer les 168 cibles des 17 objectifs de développement durable. Et même en mobilisant les fonds privés, on reste loin du compte. La seule façon de faire, c'est de réorienter l'ensemble des investissements pour qu'ils soutiennent des projets qui vont dans le sens des ODD.

La question reste celle des moyens à mettre en oeuvre pour opérer cette réorientation. Il ne faut pas se faire d'illusions : les détenteurs de capitaux ont la fâcheuse habitude de chercher le profit à court terme. Et il n'est pas certain que le plus profitable soit toujours en faveur des ODD : à 5 ou 10 ans, la construction d'une centrale électrique à charbon générera-t-elle plus ou moins de profit qu'un champ de photopiles de puissance équivalente?

La pression des opinions publiques suffirait-elle à faire changer les choses? Ou faudra-t-il adopter des réglementations contraignantes? On entre là dans un domaine de science politique qui m'éloigne trop de mes bases pour que je m'y avance plus.

Mais une chose est certaine : le développement durable dans les pays du sud ne se fera pas si on continue de s'appuyer sur des avancées scientifiques et technologiques élaborées dans les pays du nord. Un participant camerounais a donné un exemple très parlant à propos d'un dispositif énergétique : acheté en Europe, il coûtait environ 10 000 € ; fabriqué en partie au Cameroun, avec un recours à des éléments importés mais vendus sous licence libre, 500 €. Demain, les systèmes énergétiques qui alimenteront le Cameroun (mais aussi le Zimbabwe ou la Mauritanie) doivent être inventés, développés et construits sur le continent africain, sinon dans chaque pays lui-même.

vendredi 8 juillet 2016

Le développement durable concerne tout le monde


La SNCF et le groupe Accord se sont-ils concertés pour compliquer mon arrivée hier soir à Marseille, dans une ville emplie de supporter de football? Les uns comme les autres sont toutefois venus à la raison. Je suis donc d'attaque ce matin pour assister à l'école d'été consacrée aux Objectifs de développement durable.

En attendant de vous faire part de quelques aperçus des discussions, un petit rappel : les objectifs de développement durable, cela ne concerne pas que les pays dits « en développement ». Les pays les plus industrialisés doivent aussi se développer, et plus durablement. Si la planète en est là où elle en est aujourd'hui, c'est en majeur partie à cause d'eux, et on ne peut pas dire que l'ensemble de leurs population bénéficient de leurs richesses.

C'est particulièrement flagrant quand on lit les « cibles » associées à l'objectif 3 "Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge". Vous le retrouverez en totalité ici, mais j'ai recopié ci-dessous les plus significatives.

3.4 D’ici à 2030, réduire d’un tiers, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles et promouvoir la santé mentale et le bien-être.

3.5 Renforcer la prévention et le traitement de l’abus de substances psychoactives, notamment de stupéfiants et d’alcool.

3.6 D’ici à 2020, diminuer de moitié à l’échelle mondiale le nombre de décès et de blessures dus à des accidents de la route.

3.7 D’ici à 2030, assurer l’accès de tous à des services de soins de santé sexuelle et procréative, y compris à des fins de planification familiale, d’information et d’éducation, et la prise en compte de la santé procréative dans les stratégies et programmes nationaux.

3.8 Faire en sorte que chacun bénéficie d’une couverture sanitaire universelle, comprenant une protection contre les risques financiers et donnant accès à des services de santé essentiels de qualité et à des médicaments et vaccins essentiels sûrs, efficaces, de qualité et d’un coût abordable.

3.9 D’ici à 2030, réduire nettement le nombre de décès et de maladies dus à des substances chimiques dangereuses et la pollution et à la contamination de l’air, de l’eau et du sol.

3.a Renforcer dans tous les pays, selon qu’il convient, l’application de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac.

Viser à la satisfaction des objectifs de développement durable, c'est réellement s'intéresser à l'ensemble des populations de la planète.

mercredi 6 juillet 2016

Objectifs de développement durable : les bases

Participant à partir du vendredi 8 juillet à l'école d'été consacrée aux Objectifs de développement durable organisée par l'IRD et Aix-Marseille Université, je vais essayer de bloguer ici chaque soir.

Mais en attendant que cela commence, peut-être serait il utile de rappeler ce que sont ces Objectifs de développement durable. Adoptés par l'Assemblée générale de l'ONU le 25 septembre dernier, ils nous engagent toutes et tous. Et bien que la science n'est pas le seul domaine qui permettra de les atteindre, elle pourrait y contribuer significativement.

Les objectifs de développement durable sont au nombre de 17. Ca vous paraît beaucoup? Sachez que chacun est décliné en cibles plus précises.

La liste est très pédagogiquement résumée sur une infographie produite par les Nations Unies que je recopie ci-dessous.

Ensemble, ils constituent ce que l'ONU nomme l'Agenda 2030.

Ceux pour lesquels la science pourrait avoir le plus d'impact sont :

2. Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ;
3. Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge ;
6. Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ;
7. Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable ;
13. Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ;
14. Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ;
15. Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.

Si vous allez sur la page du site de l'ONU qui présente cette infographie, vous pourrez cliquer sur chaque objectif, et accéder à des précisions sur les champs concernés, et sur les mesures proposées.